IL EST UN FOIS...
29 févr. 2008Nous marchons dans la rue San Martin Ushuaia. Un rêve vient se réaliser, aller au bout du monde, mais cette émotion en amène une autre.
Nous allons chercher les billets pour remonter, remonter ça veut dire rentrer. Ce n'est pas négatif en soi, c'est juste que nous venons d'atteindre le but, nous arrivons dans le dernier pays à vivre et le départ est déjà présent. Comme si il fallait déjà le préparer, y penser. Nous avons encore 3500 Kms à parcourir, quelques étapes plus ou moins décidées.
Nous commençons très fort cette remontée avec 36 heures de voyage, la plus longue de notre périple puisque notre record était de 21 heures entre Shanghai et Canton.
Nous ne regretterons pas d'être allées jusqu'à Puerto Deseado vivre cette rencontre avec la faune Australe.
Depuis le debut du voyage nous avons privilégié les logements partagés. Ceux où l'on se rencontre dans la cuisine ou dans la pièce de vie. Nous avons évité les dortoirs, la vie en groupe au delà de 40 ans a ses limites. Ces lieux nous ont permis de rencontrer beaucoup de gens et c'était aussi l'objectif du voyage.
Là, j'en ai marre du bruit, de devoir dormir avec les boules quiez, de discuter avec les autres. Là j'ai envie de me retrouver, de revivre le voyage, de me poser. Comme si remonter c'était s'arrêter.
Il est vrai aussi que le paysage n'accroche plus nos regards de la même manière. La Pampa est très différente des paysages du Chili et de la Polynésie.
Nous privilégions les voyages de nuit pour éviter la monotonie et par la même occasion, gagner une nuit d'hébergement.
Et pourtant, il y a trois jours, dans le bus de 11h10 du matin qui traverse encore la Pampa et puis des champs de tournesols, le paysage reste le même et c'est là que je ressens soudain un profond bien être.
En 1981 je suis venue à Buenos Aires participer à une coupe du monde de Hockey sur gazon. J'avais 18 ans. Cette expérience m'a donné confiance en moi, elle est ma base, ma référence, ce qui m'a permis de prendre des décisions et de m'adapter aux différentes situations que j'ai rencontré.
Dans quelques jours je finirai ce voyage dans cette ville, 27 ans et 5 mois 1/2 de voyage dans quelques endroits du monde. Une confiance toujours intacte et des projets pour la vie qui me rendent encore plus sereine. Je ne trouve pas les paysages de l'Atlantique Argentine particulièrement beaux, mais j'aime ce qu'ils me révelent. Le voyage ce n'est pas que des paysages et rentrer c'est continuer à vivre et à voyager.
Par contre je sais que j'aime Buenos Aires et que ces retrouvailles je les attends avec beaucoup de plaisir.
Cela vaut bien "une petite Herveline" ( Une des deux Rouannaises que nous avons rencontré sur le bateau entre Puerto Montt et Chaiten)
"On est bien quand on est heureux"
Christine